Chanel au gré du vent

La mode, la mode, la mode

Final du défilé Chanel printemps-été 2013

Final du défilé Chanel printemps-été 2013 au Grand Palais
Copyright © Chanel / photo Olivier Saillant

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. L’année dernière, j’avais partagé les silhouettes printemps-été 2012 qui m’avaient interpellée. Cette année, je n’ai suivi aucun défilé. Je n’ai pas cherché l’information, elle est venue à moi.

La fashion week vient de s’achever à Paris et je ne retiens qu’un évènement majeur : mardi 2 octobre 2012, Chanel a fait défiler sa collection de prêt-à-porter printemps-été 2013 sous la verrière du Grand Palais. En guise de décor : des éoliennes se dressent sous la Nef quand le catwalk est jonché de panneaux solaires.

Chez Chanel, le décor est traditionnellement spectaculaire, lors des shows précédents on a pu voir : des jardins à la Française pour le printemps-été 2011, un volcan (automne-hiver 2011-12), une banquise (printemps-été 2012), des gemmes géantes (automne-hiver 2012-13) ou encore un authentique iceberg scandinave (automne-hiver 2010-11).
Comparé à cette débauche de moyens dignes d’une superproduction, ce décor d’éoliennes, je l’ai d’abord trouvé ridicule.

Chaque saison, on invente un thème – car il s’agit là de thématisation, un peu comme à Disneyland. On raconte une histoire qui va émerveiller les happy few présents (qui twitteront leurs impressions à qui mieux mieux), mais aussi, les médias (eux aussi présents) et enfin le grand public, spectateur passif. C’est une démonstration de la puissance de la marque. Cette fois, le parti pris de la maison me laisse perplexe – ce qui veut dire que l’objectif de com’ est atteint.

Des éoliennes pour décor

Décor du défilé Chanel printemps-été 2013

Des éoliennes pour décor, défilé Chanel printemps-été 2013. Copyright © Chanel / photo Olivier Saillant

Pourquoi des éoliennes et des panneaux solaires ? La maison Chanel deviendrait-elle éco-friendly ? On doute de la compatibilité des deux notions. Alors, est-ce une éco-responsabilité de façade ?

Ou bien, cela signifie-t-il que le luxe est une énergie propre ? Car en filigrane, dans l’inconscient collectif, c’est bien l’idée.
Karl Lagerfeld, le directeur artistique de la maison, explique qu’il s’agit « d’énergies nouvelles », de « créativité ». Chaque saison, il réinvente les codes de la marque. Cette collection sera « épurée, légère, aérienne, pleine de fraîcheur ». Mais justement, ce besoin d’air, ne dirait-il pas que la marque s’essouffle ?

Mais surtout, est-ce que cela fait rêver ? Le luxe a vocation à émouvoir. Est-ce qu’une éolienne est émouvante, seriously ?! Lorsqu’une marque emploie cette métaphore, est-ce de l’opportunisme, voire du cynisme ?

À propos de la collection, Karl Lagerfeld dit aussi qu’elle comporte peu de logos. Pas ostentatoire. Aérienne. On aura beau dire que le rôle du luxe est d’exercer sa créativité en se détachant du contexte ambiant, ce n’est plus une évidence.

M. B.

Publicités

5 réflexions sur “Chanel au gré du vent

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s