Scénographie de l'exposition Van Cleef & Arpels

Van Cleef & Arpels : les Arts déco pour écrin

Avec les yeux

Les Arts décoratifs dévoilent cet automne Van Cleef & Arpels, l’art de la haute joaillerie, une exposition, hommage au patrimoine de la première maison de joaillerie qui s’installa Place Vendôme en 1906.

Sous la Nef, une fresque magistrale : plus de 500 pièces et de 100 ans d’histoire, une scénographie feutrée orchestrée par l’agence Jouin Manku.

Évidemment c’est somptueux. Comment rester indifférent à la créativité et à la perfection technique des pièces présentées ? D’autant qu’une exposition rétrospective consacrée à une marque centenaire est toujours une forme intéressante de brand content.

Si les Arts décoratifs sont une photographie de leur époque, les bijoux et la haute joaillerie ne font pas exception.

En parcourant l’exposition chronologique, on imagine volontiers les Années folles et leurs flappers portant les cheveux courts et fumant des cigarettes en robes taille basse ornées de sautoirs de diamants et de longues boucles d’oreille Art déco. Les parures et pièces d’orfèvrerie présentées, issues de collections privées ou de celles de la maison sont exceptionnelles – le mot est faible.

Années folles vs Grande Dépression

Les créations Van Cleef & Arpels des années vingt et trente sont sans doute les plus emblématiques et les plus modernes, à l’instar du collier Art déco (photo) dont le pendentif en diamants se porte de deux façons : à l’avant ou à l’arrière, selon le décolleté, ou encore de la montre chatelaine créée avant l’avènement de la montre bracelet, qui ornait le revers d’une veste…

Bijou clip fleur Van Cleef & Arpels en rubis

Clip Chrysanthème Serti Mystérieux rubis, Paris, 1937. Crédit : © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels

J’aime l’idée que les années qui suivent 1929 se révèlent très fécondes malgré la Crise. La collaboration entre la directrice artistique Renée Puissant et le dessinateur René-Sim lacaze n’y est pas étrangère. Cette créativité est autant esthétique que technique : l’invention de la Minaudière par Van Cleef & Arpels, un sac du soir en forme de boitier, remonte à 1933. Cet écrin précieux fut créé par Charles Arpels et ainsi nommé par Alfred Van Cleef en hommage à sa femme, Estelle Arpels, qui, paraît-il, minaudait volontiers. Un rangement sophistiqué et ingénieux en or ou platine orné de rubis ou de laque, destiné à contenir poudrier, rouge à lèvres, briquet, fume-cigarettes. La minaudière nous renvoie l’image d’une femme mondaine et émancipée.

Les années 1930 voient aussi l’invention du Serti Mystérieux, une technique dissimulant la monture des pierres, et du bijou « Passe-partout », un bijou transformable breveté en 1938 constitué de rails et orné de fleurs clippées qui devait répondre aux nouveaux modes de vie des femmes, s’adapter à leur tenue et offrir plusieurs bijoux en un. L’économie de la coquetterie, en somme.

Collier clips fleurs Passe-partout Van Cleef & Arpels, 1939

Collier Passe-partout et clips fleurs Van Cleef & Arpels, 1939 (détail, filtre Instagram. crédit photo original : © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels).

Clip danseuse Van Cleef & Arpels 1952

Clip danseuse Van Cleef & Arpels 1952. Or, platine, diamant taile rose, rubis taille à facettes, rubis et turquoises taille cabochon.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la maison de joaillerie rivalise à nouveau de créativité alors que les pierres précieuses se font rares en Europe et que l’or s’impose comme une valeur refuge – cela vous rappelle quelque chose ? Les montures en or et les sujets figuratifs prennent alors le pas sur les pierres et les motifs graphiques.

L’exposition est aussi l’occasion de se plonger dans les archives, croquis, carnets de commande de Van Cleef & Arpels. On a presque l’impression de croiser les très prestigieuses clientes de la Maison : Wallis Simpson, la maharani de Baroda, la Duchesse de Windsor, la Princesse Grace de Monaco, Elizabeth Taylor, etc.

« Un diamant gros comme le Ritz »

L’exposition consacrée à Van Cleef & Arpels se clôt sur une pièce maîtresse : celle du collier phénix mystérieux orné d’un diamant taillé en poire de plus de 14 carats, un diamant gros comme le Ritz… Un bijou porte-bonheur et transformable dans la plus pure tradition de la maison.

Outre les techniques mises au point par la Maison, expliquées avec un effort de pédagogie, et la richesse du catalogue, l’exposition Van Cleef & Arpels, l’art de la haute joaillerie oppose à la morosité ambiante ce que le luxe a toujours offert : une occasion de rêver, d’admirer le Beau en dépit du contexte. C’est aussi un effet miroir, un va-et-vient entre l’Histoire et l’histoire, puisque la maison a traversé les crises du XXe et su maintenir son excellence.

Van Cleef & Arpels, l’Art de la Haute Joaillerie

Du 20 septembre 2012 au 10 février 2013
Les Arts Décoratifs – Nef
107, rue de Rivoli, Paris 1er

Ressources
Site dédié
Les Arts décoratifs
Application iPhone de l’exposition, très utile pour se repérer dans la visite.

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4 réflexions sur “Van Cleef & Arpels : les Arts déco pour écrin

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