Fashion Mix exposition

Fashion Mix, le brassage culturel de la mode parisienne

Avec les yeux, La mode, la mode, la mode

Exposition Fashion Mix L’exposition Fashion Mix, mode d’ici, créateurs d’ailleurs retrace de façon chronologique l’évolution de la mode made in Paris et de ceux qui la font au musée de l’histoire de l’immigration. Inventée par l’Anglais Charles Frederick Worth au XIXe siècle, la haute couture s’est constamment nourrie des mouvements migratoires du XXe, idem pour le prêt-à-porter et la création contemporaine. Le parcours de l’exposition raconte comment ces phénomènes leur insufflent une inspiration nouvelle.

Robe Worth haute couture

Worth et Bobergh Robe de ville, vers 1869. Faille de soie, toile de coton enduite. Doublure de tarlatane de coton et de taffetas de soie. Dentelle. Don de Madame Trotzy. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.

En attestent les documents, cartes de séjour, inscriptions au registre des réfugiés politiques conséquents aux mouvements violents de l’Histoire du XXe siècle (révolutions russes, génocide arménien, régime franquiste…) qui viennent répondre aux créations et savoir-faire emblématiques des artisans ou créateurs bien connus, issus des collections du musée Galliera ou des fonds des maisons parisiennes. Chaque nationalité apporte avec elle ses artisanats et domaines d’excellence (broderie, tricot, tannage, etc.). Ainsi, fuyant la révolution russe, le prince et la princesse Youssoupoff ont émigré à Paris en 1919 et fondé la maison Irfé en 1924. A défaut de devenir créatrices ou brodeuses, les princesses russes arrivées à Paris étaient le plus souvent mannequins dans les maisons de couture. Plus tard, c’est l’artiste Sonia Delaunay qui proposera des robes aux motifs peints à même la soie.

Dans les années 1930, l’Italienne Elsa Schiapparelli s’installe place Vendôme. Proche du milieu artistique, elle propose pulls trompe-l’oeil, créations surréalistes (tel le chapeau chaussure réalisé pour Gala Dali) et impose le rose shocking. Elle ouvre le champ à l’école italienne (Valentino, Popy Moreni, Riccardo Tisci).

« Un dessin de robe […] n’est pas à mon avis une profession mais un art » Elsa Schiapparelli, Schocking, souvenirs d’Elsa Schiapparelli, Paris, Denoël, 1954

Balenciaga, haute couture 1969

Cristóbal Balenciaga, ensemble robe et cape, haute couture P/E 1962. Collection Palais Galliera © Spassky Fischer

Ces créateurs, nourris d’influences méridionales, bâtissent une mode dans la rigueur typiquement parisienne. Fashion Mix rend également hommage aux Espagnols. Cristobal Balenciaga, déjà reconnu comme un maître alors qu’il travaille à San-Sebastien, quitte l’Espagne en guerre civile pour installer sa maison à Paris en 1936. Paco Rabanne, d’abord réfugié en Bretagne pour des raisons politiques, propose dès les années 1960 son travail de robes de métal, de plastique, résolument iconoclaste.

L’exposition foisonne de pièces qui rivalisent de plasticité et d’anecdotes comme le parcours de la Hongroise Catherine Karolyi, qui arrive à Paris en 1947 pour échapper au régime communiste. Engagée par la maison Hermès en 1967, elle créée des modèles devenus signature : manteaux aux lignes sixties présentés dans l’exposition, d’une modernité que les tendances de la saison ne renieraient pas, ainsi que la fameuse « boucle H ». Ce que souligne Fashion Mix, c’est à nouveau la synthèse qui s’opère entre les influences éparses des créateurs et la couture parisienne.

Parcours contemporain

Exposition Fashion Mix Paronomase's InstagramDe façon plus contemporaine, l’exposition présente le remarquable travail d’Azzedine Alaïa, originaire de Tunis, qui encense les courbes féminines avec grande maîtrise. Le parcours met en regard les créateurs japonais venus créer à Paris, opposant les couleurs de Kenzo Takada ou d’Issey Miyake et son plissé « pleats please » au séisme esthétique provoqué par les propositions de Yohji Yamamoto et Rei Kawakubo pour Comme des garçons au début des années 1980 : robes noires lacérées, non couleur, bords francs… Une proposition esthétique nouvelle qui ouvre la voie à l’école belge.

Martin Margiela, ensemble body lacéré et jupe rideau, A/H 1990

Martin Margiela, ensemble body troué et jupe rideau, A/H 1990. Collection Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris © Spassky Fischer

Dès le debut des années 1990, les « six + 1 d’Anvers » (représentés par Ann Demeulemeester, Walter Van Beirendonck, Marina Yee, Dries Van Noten et Martin Margiela) montrent des inspirations proches des Japonais, une radicalité et une sensibilité à l’époque qui ne rencontrent le succès qu’à Paris.

En filigrane, l’exposition pose la question de la permanence de Paris comme « capitale de la mode ». Une considération qui peut sembler dépassée ou ethnocentrique à l’heure où la mondialisation démultiplie les fashion weeks. Cependant, à la différence des autres pôles (New York, Londres, Milan) Paris a toujours accueilli le plus grand nombre de défilés et continue d’organiser la présence des créateurs étrangers et leur reconnaissance, comme dernièrement : sur 160 défilés 110 étaient de créateurs étrangers. Enfin, rappelons que le Belge Raf Simons est actuellement à la direction artistique de la maison Dior, l’Italien Riccardo Tisci chez Givenchy ou encore, l’Américain Alexander Wang chez Balenciaga, la Britannique Pheobe Philo chez Céline, sans oublier la relève assurée par les nouveaux noms de la place parisienne : Haider Ackermann, Gareth Pugh… Final de l'expo Fashion Mix M. B.

Fashion mix – mode d’ici, créateurs d’ailleurs

Fashion Mix expositionQuand ? 9 décembre 2014 – 31 mai prolongations jusqu’au 28 juin 2015 Du mardi – vendredi, 10h – 17h30. Samedi et dimanche, 10h – 19h. Où ? Au Palais de la Porte Dorée, Musée de l’histoire de l’immigration 293, avenue Daumesnil, Paris, 12e histoire-immigration.fr En partenariat avec le Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris Commissariat : Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera, assisté d’Alexandre Samson, Aude Pessey-Lux, directrice du service Musée de l’histoire de l’immigration, et Isabelle Renard, responsable des collections d’art contemporain, assistées d’Elsa Rigaux. Tarifs Exposition : 6 € – Spectacle : 12 € – 9 € – Atelier : 6 € – Visite guidée : 10€ Tarifs spéciaux pour les groupes à partir de 20 personnes.

Advertisements

5 réflexions sur “Fashion Mix, le brassage culturel de la mode parisienne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s