Affiche Taxi Téhéran

Taxi Téhéran, Jafar Panahi au volant

Avec les yeux

J’aime beaucoup le cinéma iranien, l’exotisme sans doute. Ces derniers temps, j’ai vu beaucoup d’expositions et de pièces de théâtre, mais je vais peu au cinéma. Hier, j’ai donc profité d’un peu de répit pour monter à bord de Taxi Téhéran !

 Taxi Téhéran

Taxi Téhéran de Jafar Panahi
© Jafar Panahi Film Productions / Memento Films Distribution

Assigné à résidence depuis 2010, le réalisateur iranien Jafar Panahi ne peut ni tourner, ni sortir du pays pour exercer son art. Dans ce film, il devient conducteur de taxi et utilise son véhicule comme lieu de l’action. Sur la banquette arrière de « Taxi Téhéran », on fait connaissance de la société iranienne : une institutrice et un voleur parlent de la peine de mort, un vendeur de films à la sauvette fait des livraisons, une femme emmène son mari blessé à l’hôpital, etc.

Taxi Téhéran, entre documentaire et fiction

Le film a une dimension de reportage, comme si tout était pris sur le vif. S’il ne manque pas d’action, Taxi Téhéran est en réalité très écrit, faisant écho à Ceci n’est pas un film réalisé par Panahi en 2011.
Taxi Téhéran est également théâtral – en raison de l’unité de lieu et de temps – et tragi-comique. La caméra est fixe, dans ce taxi, elle appartient à l’espace privé. L’artifice permet au réalisateur d’orienter le regard, tandis que le spectateur se cantonne au rôle de passager, comme si le monde extérieur (l’Iran) lui demeurait inaccessible.

Faire fi de la censure

Taxi Téhéran

© Jafar Panahi Film Productions / Memento Films Distribution

Le va-et-vient de chaque personnage vient compléter cette mosaïque persane, les situations sont cocasses… La plus touchante, la jeune nièce du réalisateur, qui, appareil Canon à la main, déterminée à tourner un film « diffusable » dans le cadre d’un projet scolaire, énonce les règles que la censure lui impose, des contraintes créatives à la résonance ironique…

Taxi Téhéran est à la fois une peinture de la société iranienne, une dénonciation de la dictature, des dérives qu’elle engendre et que Panahi évoque à l’écran directement ou indirectement (censure, accès à la culture, économie souterraine, vol, violence, impunité), à l’instar de la mention finale :

« La censure valide les génériques de film, ce film n’a pas de générique. »
Jafar Panahi, Taxi Téhéran

M. B.

Taxi Téhéran

Affiche film Taxi Téhéran

Un film de Jafar Panahi
Avec Jafar Panahi
Distribution : Memento films
Sortie : 15 avril 2015
Durée : 1h22min
Récompense : Ours d’Or Berlin 2015

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