Velazquez, Portrait du pape Innocent X

Velázquez au Grand Palais : 6 choses à savoir sur l’exposition

Avec les yeux

Velázquez s’expose au Grand Palais. Une rétrospective annoncée comme l’exposition picturale phare de la saison, tel le blockbuster du printemps encensé de tous côtés… Mais l’exposition est-elle à la hauteur de l’intérêt (médiatique) qu’elle suscite ?
Assurément oui !
Lecture transversale de la rétrospective Velazquez en 6 points :

  1. Biographie de Velázquez
  2. La rétrospective au Grand Palais
  3. Velázquez, portraitiste de génie
  4. Le précurseur de la modernité
  5. Ce que vous ne verrez pas au Grand Palais
  6. La scénographie

Qui est Velázquez, le peintre du Siècle d’or ?

Velázquez, Autoportrait

Diego Velázquez, Autoportrait, 1644-1652, Florence Offices

Diego Velázquez, d’origine sévillane, est né en 1599. Peintre formé au sein de l’atelier de Francisco Pachero, dont il épousera la fille, il est influencé par le caravagisme, mais également par Rubens ou le Titien.
Velázquez est ambitieux, en 1622, il gagne Madrid pour devenir le peintre du roi Philippe IV – et y parvient -, puis il séjourne en Italie pour se former à Rome sur les conseils de Rubens, où il peint Jacob recevant la tunique de Joseph (1630) et la Forge de Vulcain (id.). En 1631, il revient à Madrid et y retrouve sa place de peintre de Cour, avant d’entreprendre un second voyage en Italie, en janvier 1649. C’est au cour de ce séjour qu’il réalisera entre autres le portrait du pape Innocent X (1650). Il rentre à Madrid sur ordre du roi en 1651. Il est nommé maréchal-fourrier du palais en 1654. Il meurt en 1660.

Velázquez : la rétrospective de la décennie

Velázquez Démocrite

Diego Velázquez, Démocrite vers (1627-1628), Rouen, Musée des Beaux-Arts


Une exposition à ne pas rater ? L’événement de tous les superlatifs ? En effet, Velázquez au Grand Palais est un rendez-vous exceptionnel en ce que les rétrospectives du grand peintre espagnol sont rares, qui plus est en France, où les musées disposent de peu d’œuvres du maître dans leurs collections (hormis les musées des Beaux-Arts de Rouen et d’Orléans).

La difficulté du montage de cette exposition, et aussi sa prouesse, est de réunir de grandes œuvres de Velazquez grâce à des prêts en provenance du musée du Prado à Madrid, de la National Gallery à Londres mais également du Metropolitan Museum of Art de New York, de Chicago, de Florence, de Rome, etc.

Velásquez, maître du portait

Balthasar Carlos et son nain

Diego Velazquez, Balthasar Carlos et son nain (vers 1631), Museum of Fine Arts, Boston, © Museum of Fine Arts, Boston

Velazquez, Portrait du pape Innocent X

Diego Velazquez, Portrait du pape Innocent X, 1650, huile sur toile, Rome Galleria Doris Pamphilj

Velázquez, Portrait de l’infante Marguerite en bleu

Diego Velázquez, Portrait de l’infante Marguerite en bleu (1659), Vienne, Kunsthistorisches Museum

Chez Velasquez, portraitiste de génie, on retrouve les codes du portrait de cour où il excelle, mais au delà, un réalisme et une force picturale inégalés.

Velazquez, Jeune paysanne (La Contadina),

Diego Velazquez, Jeune paysanne (La Contadina), vers 1650, huile sur toile, collection particulière

Ces portraits parlent d’eux-même. En émane une sorte de vérité propre au chef-d’œuvre, il n’y a qu’à regarder le célèbre portait du Pape Innocent X, ou celui plus modeste d’une paysanne…

L’exposition va même plus loin et nous révèle que certains tableaux attribués dans un premier temps à Velazquez sont en réalité issus de son atelier voire de son entourage (et vice versa) proposant une relecture fine de l’histoire de l’art. La peinture de Velazquez, c’est en somme la petite histoire dans la grande, des récits enchâssés…

Velazquez, précurseur de la modernité picturale

« Tellement de génie qu’il ne le montre même pas, disant tout simplement au monde : je n’ai que du talent, mais j’en ai sérieusement. Quelle joie ! Quelle joie ! Solide, calme, inébranlablement enraciné, peintre des peintres, à égale distance des rois et des nains, à égale distance de lui-même et des autres. »
Lettre de Nicolas de Staël à Jacques Dubourg (marchand de tableau), 1954

La toilette de Vénus ou Vénus au miroir, Diego Velázquez

Diego Velázquez, La toilette de Vénus (1647-1651), Londres, National Gallery

Diego Velazquez, Allégorie féminine

Diego Velazquez, Allégorie féminine, vers 1645-1655

Après avoir vu l’exposition Velazquez, j’ai envie de parler de modernité. Par définition, la modernité s’oppose à la tradition. Dans les toiles que Velazquez a réalisées à la fin de sa vie, on relève un travail qui insiste davantage sur la lumière que sur le détail du sujet. Cette lumière chez Velazquez m’a d’emblée rappelé les Impressionnistes, qui peignaient la lumière avant tout, avec ce que j’appelle des « effets de flou ». Et à juste titre : La Vénus au miroir incarne en ce sens une évidente prédécesseure de l’Olympia d’Edouard Manet, qui disait de Velázquez qu’il était « le plus grand peintre qu’il y ait jamais eu », quant au grand Nicolas de Staël, il le nommait « le peintre des peintres ». C.Q.F.D.

Ce que vous ne verrez pas au Grand Palais : les Ménines

Copie d’après Les Ménines de Velázquez, Juan Bautista Martínez del Mazo

Copie d’après Les Ménines de Velázquez, Juan Bautista Martínez del Mazo, La Famille de Philippe IV (1658-1667), Swindon (Dorset), The National Trust, Kingston Lacy.


Non, vous ne verrez pas les Ménines à Paris ! Et tant mieux ! Pourquoi ?
Parce que de l’aveu de son commissaire, Guillaume Kientz, le tableau eut écrasé l’expo. Les Ménines sont jalousement conservées au Prado et, en tant que chef d’œuvre, valent bien « un pélerinage à Madrid » (sic). Mais, maigre consolation, l’exposition fait tout de même un bref arrêt sur la composition complexe du tableau et met en valeur une copie de ce monument pictural signée J. B. Martínez del Mazo.

La scénographie

Mais si, mais si, la mise en scène c’est important ! Mon regard s’arrête toujours sur la scénographie. Et la meilleure scénographie qui soit, c’est celle qui se fait oublier au profit de l’oeuvre, comme ici. La mise en scène est très équilibrée : les cimaises grises, vertes ou rouges ouvrent l’espace, laissent respirer les œuvres et vivre le propos. Certaines salles plongent le visiteur dans l’obscurité, à la manière d’un clair-obscur, et renforcent l’éclat de l’accrochage. Le nombre d’œuvres présenté évite l’écueil de la saturation.

Diego Velazquez, Cheval blanc

Diego Velazquez, Cheval blanc, 1634-1638, Madrid Palacio Real (Patrimonio nacional)

Effet de boucle ou ouverture ? L’exposition se clôt sur une œuvre inachevée, monumentale, splendide…

M. B.

VELÁZQUEZ

Velázquez, Portrait de l’infante Marguerite en bleu

Diego Velázquez, Portrait de l’infante Marguerite en bleu (1659), Vienne, Kunsthistorisches Museum


Commissariat : Guillaume Kientz
Quand ? 25 MARS – 13 JUILLET 2015

  • Dimanche et lundi de 10h à 20h
  • Du mercredi au samedi de 10h à 22h

Où ? Galeries Nationales du Grand Palais, entrée Champs Elysées.
Accès : métro Champs-Elysées Clemenceau.

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