Chloé collection automne-hiver 1975

Maison Chloé dans l’œil de Guy Bourdin

City Guide, La mode, la mode, la mode

Maison Chloé, tout nouveau lieu culturel, a ouvert ses portes au public le 2 juillet dernier. Situé rue de la Baume à Paris, en plein cœur du 8e arrondissement, à deux pas du siège de la marque et loin des adresses branchées, il ne faut pourtant pas s’y fier, le propos de l’exposition est pointu.

Jane Birkin par Guy Bourdin

Crédit photo : Guy Bourdin, Vogue Paris 1969, Chloé collection printemps-été 1969, © The Guy Bourdin Estate, 2017

Claude Lévêque Sans titre (Dansez !)

Vivre !! L’art contemporain selon agnès b.

Avec les yeux, City Guide

Vivre !! Collection agnès b.On connaît Agnès b. créatrice de mode et galeriste, on la connaît moins en tant que collectionneuse. Le musée d’histoire de l’immigration s’est intéressé à cette impressionnante collection pour ne retenir que 70 œuvres structurées autour de questionnements sur l’identité et la société, prenant comme point de départ les cartes du monde, allant de la jeunesse à l’amour, de la danse au fait d’habiter, du travail au combat…

Lartigue en couleurs

Ouvert en août : expos à découvrir pendant l’été à Paris

City Guide

Août : on a beau aimer la trêve estivale, Paris un peu plus vide, quand les amis sont en vacances, la boulangerie du coin de la rue, votre italien préféré et le cinéma de quartier fermés, ça devient vite d’un ennui mortel. Heureusement, le blog ne vous laisse pas désœuvrés, voici une sélection de lieux culturels, galeries, etc. « ouverts en août » et/ou en plein air. Bel été et à très vite !

Jean Paul Gaultier par Jean-Paul Goude

Jean Paul Gaultier : réjouissances au Grand Palais

La mode, la mode, la mode

La rétrospective Jean Paul Gaultier fait une halte à Paris au Grand Palais, après Montréal, San Francisco, Dallas, Madrid, New York, Melbourne et j’en passe. Assurément, c’est l’expo mode la plus réjouissante du moment !

Paris par Martin Parr 2012

Expo : 5 bonnes raisons de voir « Martin Parr Paris »

Avec les yeux

Carte blanche à Martin Parr ! Dès le 26 mars 2014, le photographe anglais de l’agence Magnum nous donne sa vision de Paris à La Maison Européenne de la photographie.
Pendant deux ans, Martin Parr a capturé Paris, les Parisiens et les touristes, des Champs-Elysées à Paris Plage, du salon de l’agriculture à la fashion week

Fleurs fraîches, Untitled, 11 June 2009, iPhone drawing by David Hockney

De l’art sur mon iPad ?

Avec les yeux, High tech

Okay, les geeks ont pris le pouvoir sur la mode. Mais les artistes de la vieille école, eux aussi, sont en passe de virer de bord. Les smartphones et tablettes n’ont pas seulement modifié nos usages du web, ils donnent aussi naissance à de nouvelles formes artistiques : les œuvres se digitalisent sans pour autant éclipser « l’art » dont elles découlent, peinture ou photographie. Certains artistes s’y essaient comme à un exercice de style.

Panorama vs Fleurs fraîches

Si Gerhard Richter (80 ans), dont la rétrospective Panorama s’est tenue en 2013 au Centre Pompidou, avoue rester fidèle à son art, la peinture, et dit ne pas être tenté par la vidéo ou la photo, en early adopter, l’Anglais David Hockney (75 ans) n’a pas hésité à utiliser l’iPhone dès 2009 puis l’iPad pour produire des œuvres d’art numériques.

« Beaucoup de gens estiment que d’autres techniques sont plus séduisantes : mettez un écran dans un musée, et plus personne ne regarde les tableaux. Mais ma profession, c’est la peinture. C’est ce qui m’a depuis toujours le plus intéressé. J’ai maintenant atteint un certain âge et je viens d’une tradition différente. De toute façon, je ne sais rien faire d’autre. Je reste cependant persuadé que la peinture fait partie des aptitudes humaines les plus fondamentales, comme la danse ou le chant, qui ont un sens, qui demeurent en nous, comme quelque chose d’humain. »

Gerhard Richter, 2011

C’est ainsi que l’exposition Fleurs fraîches a vu le jour à l’automne 2010 à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent à Paris. L’anecdote veut que David Hockney ait d’abord envoyé des tableaux numériques par e-mail à ses amis. Une forme de « peinture digitale », un art qui aurait troqué la matière pour l’écran, une nouvelle façon de s’incarner.

Impression, Dominique Issermann

Dominique Issermann

Dominique Issermann – Impression, film réalisé à l’aide d’un iPhone pendant l’impression du livre

Un autre exemple me vient à l’esprit. Au cours de la visite de l’exposition Dominique Issermann, Lætitia Casta à la Maison Européenne de la photographie, on pouvait découvrir les clichés argentiques des nus de Laetitia Casta en lumière naturelle dans les Thermes de Vals et un film, Impression, réalisé par la photographe grâce à un iPhone. À l’écran, des rotatives en pleine action, celles-là mêmes qui impriment les pages du livre de l’exposition. Le résultat est saisissant : certaines images frôlent l’abstraction, le film hypnotique est une œuvre en soi qui raconte l’aboutissement d’un processus à la fois créatif et mécanique. La lumière est caractéristique de l’artiste. Dominique Issermann filme des machines et pourtant l’émotion affleure…

À la lecture de ces deux exemples, on peut se demander s’il est possible de parler de « digitalisation » des créations artistiques. Ce à quoi, je répondrais de façon scolaire que la création prend une forme « digitale » (du latin, digit « doigt ») en ce que l’artiste peut exercer son art du bout des doigts et aussi à travers un média dit « digital », « qui utilise un système d’informations, de mesures à caractère numérique ».

Le plus frappant étant sans doute que l’écran tient un rôle de choix dans la médiation de l’art, même si ce n’est pas nouveau…

M. B.

Cheveux chéris, expo capillaire et cérébrale

Avec les yeux

Qui dit rentrée, dit nouvelles expositions. Cette saison, le musée du quai Branly nous réserve à travers Cheveux chéris, frivolités et trophées, une approche inouïe de la chevelure. Pourquoi inouïe ? Parce que la chevelure, sensuelle, marqueur social, est soit montrée comme une parure ou soit reflet d’une convention (nouée, tressée, en chignon, défaite, cachée, voilée). Pourtant, elle évolue au fil des modes, marque les rites de passages au féminin comme au masculin, les normes et l’Histoire. Mais surtout, parce qu’au-delà d’une apparente superficialité, le sujet de l’exposition nous emmène vers une dimension sacrée, bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Brigitte Bardot, Alain Delon, 1958, Lévin Sam. Crédit : © Médiathèque du Patrimoine

Séduction et féminité

Cheveux chéris n’est pas sans rappeler l’exposition Brune Blonde de la Cinémathèque à l’automne 2010. Le cinéma et les actrices charismatiques (Brigitte Bardot, Ava Gardner, etc.) constituent d’ailleurs un pan contemporain de l’exposition.

 Danse du scalp, installation d'Annette Messager 2012

La Danse du scalp © Annette Messager – Adagp, Paris, 2012

L’intérêt majeur qui fait la richesse de Cheveux chéris, c’est la sélection et la diversité des 280 œuvres présentées : photographies, sculptures, toiles, médaillons, films, ornements, coiffes… L’art contemporain est présent, même si l’on peut regretter que l’installation d’Annette Messager, la Danse du scalp soit reléguée au fond de la première salle, quasi anecdotique. Car l’œuvre d’Annette Messager est une des clés de l’exposition et cristallise ce que la chevelure (féminine) a d’universel :

« La chevelure est par essence le symbole de la féminité (…). Cachée ou mise en valeur, elle est ce bien précieux qu’on ôte à la femme pour la punir et rendre la sentence publique. Elle est message de violence dans son absence, subie ou volontaire, des femmes rasées à la Libération aux punks londoniennes ou berlinoises… Toujours, elle est affirmation de soi, telle une signature. (…) À une échelle universelle, la chevelure est aussi souvenir ou trophée : les mèches de cheveux coupées à un enfant, ou à un mort, vestiges du passé ; preuve de la victoire, le scalp est porté comme une décoration chez nombre de peuples (des Amérindiens à Inglorious Basterds de Quentin Tarantino). (…) »
Commentaire de la Danse du scalp : © Mac Val.

Frivolités et trophées : Eros et Thanatos ?

Tête humaine réduite, tsantsa, Amazonie exposé au musée du quai Branly

Tête humaine réduite © musée du quai Branly, photo Claude Germain

La scénographie de l’exposition, quant à elle, rend justice au sujet en tirant parti des contraintes spatiales. La grande salle baignée de lumière présente les œuvres liées à la séduction et l’apparat de la coiffure à travers différentes époques et cultures :

  • les bustes de nobles (Louis XIV, la Comtesse de Provence coiffée à la Marie-Antoinette suivant la mode du XVIIIe),
  • le romantisme des jeunes femmes rousses à l’instar de la Liseuse (1883) de Jean-Jacques Henner,
  • ou encore les cheveux ébouriffés et détressés d’une veuve malgache (suivant la tradition, elle devait s’enlaidir pour vivre son deuil), photographie de Maurice Teissonnière, fin XIXe.

Puis un couloir, tel un rite de passage, aborde la perte (cheveux coupés ou rasés) avant de nous emmener vers un univers tribal. Cette dimension anthropologique rompt avec les repères occidentaux. S’il n’est plus seulement question de séduction, c’est davantage de pouvoir qu’il s’agit. Les cheveux viennent parer les ornements, bijoux ou coiffes. On se réapproprie ceux des ennemis vaincus en leur conférant une dimension mystique.

Ainsi, les scalps côtoient les têtes-trophées, comme les têtes réduites Tsantsa dont la chevelure sacrée est magnifiquement conservée (photo). Les cheveux incarnent à juste titre le dernier lien entre notre monde et celui de l’au-delà, entre les vivants et leurs ancêtres.

Le musée du quai Branly fait dialoguer les cultures selon sa devise. Pour le clin d’œil, je dirais aussi qu’il a le bon goût ne pas faire appel au mécénat d’un géant de la cosmétique. Une exposition foisonnante qui vous emmène loin et que je vous recommande chaudement !

Exposition Cheveux chéris

Affiche de l'exposition Cheveux Chéris, frivolités et trophéesCommissaire : Yves Le Fur
Scénographe : Gaëlle Seltzer
Musée du quai Branly 37, quai Branly, Paris 7e
Du 18 septembre 2012 au 14 juillet 2013

Jours et horaires d’ouverture :
● mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
● jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h.

M. B.